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Route du Rhum 2026 : à Paris, l’aventure océanique dessine les contours d’une transition entre deux territoires

Présentée à Paris, la Route du Rhum 2026 réunit 118 skippers et annonce un Village électrique, des mesures d’inclusion et une programmation culturelle.

 

Chapô — Aux Folies Bergère, à Paris, la présentation officielle de la treizième Route du Rhum – Destination Guadeloupe a réuni, mardi 22 septembre, les 118 skippers engagés, les organisateurs et les représentants des territoires. À l’approche du départ prévu le 1er novembre, la course dévoile une édition marquée par les innovations nautiques, l’électrification du Village de Saint-Malo, l’ouverture des festivités aux quartiers et une attention particulière portée aux personnes en situation de handicap. Entre les côtes bretonnes et la Guadeloupe, l’événement met également en lumière une question qui dépasse la compétition : comment concilier l’ampleur d’une manifestation maritime internationale avec la transition écologique et la préservation des territoires ?

Une traversée de l’Atlantique qui commence à Paris

Le 22 septembre 2026, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe a choisi les Folies Bergère pour présenter sa treizième édition. À quelques semaines du départ de Saint-Malo, les organisateurs, les partenaires, les représentants des collectivités et les 118 navigateurs engagés se sont retrouvés dans la capitale française pour dévoiler les ambitions sportives et le programme de cette nouvelle traversée en solitaire.

Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe, Gilles Lurton, maire de Saint-Malo et président de Saint-Malo Agglomération, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, Édouard Coudurier, président du Groupe Télégramme, et Hervé Favre, président d’OC Sport Pen Duick, figuraient parmi les personnalités présentes.

La rencontre a permis de préciser les préparatifs de la course, mais aussi de présenter les transformations annoncées pour le Village départ. Du 20 octobre au 1er novembre, Saint-Malo accueillera les bateaux, les exposants et les visiteurs avant le départ de la flotte vers Pointe-à-Pitre.

Cette édition s’inscrit dans une histoire commencée en 1978, lorsque la première Route du Rhum a relié la Bretagne à la Guadeloupe. Près d’un demi-siècle plus tard, la manifestation continue de réunir plusieurs générations de navigateurs, tout en faisant évoluer ses infrastructures et ses engagements environnementaux.

La conférence parisienne a révélé une ambition qui dépasse les résultats sportifs. L’organisation d’une course transatlantique de cette ampleur mobilise deux territoires, des infrastructures urbaines, des acteurs économiques et un public nombreux. Les décisions prises à terre font désormais partie intégrante des enjeux de l’événement.

Six catégories, plusieurs générations et une même exigence océanique

Les 118 skippers engagés se répartissent entre les catégories Ultim, Ocean Fifty, IMOCA, Class40, Vintage Multi et Vintage Mono. Cette diversité réunit des bateaux de dernière génération, des navigateurs expérimentés, de nouveaux concurrents et des voiliers qui ont marqué l’histoire de la course au large.

Dans la catégorie Ultim, les grands trimarans illustrent l’évolution des technologies nautiques et la recherche de vitesse. Armel Le Cléac’h, engagé sur Maxi Banque Populaire XI, retrouvera notamment Tom Laperche sur SVR Lazartigue, Charles Caudrelier sur Maxi Edmond de Rothschild et Guirec Soudée.

La flotte IMOCA rassemble elle aussi plusieurs générations de bateaux. Jérémie Beyou sur Charal, Sam Goodchild sur Macif et Francesca Clapcich sur 11th Hour Racing côtoieront notamment Sébastien Simon sur Groupe Dubreuil, Boris Herrmann sur Malizia 4 et Élodie Bonafous sur Association Petits Princes – Quéguiner.

En Ocean Fifty, Erwan Le Roux et Thibault Vauchel-Camus retrouveront une nouvelle génération représentée notamment par Basile Bourgnon, Pierre Quiroga et Baptiste Hulin. La Class40, particulièrement représentée, réunira entre autres Guillaume Pirouelle, Corentin Douguet, Alexis Loison et Alexis Thomas.

Cette diversité technique s’accompagne de trajectoires humaines très différentes.

Armel Le Cléac’h a rappelé lors de la présentation son attachement ancien à la Route du Rhum. Enfant, il découvrait les bateaux sur les pontons avec ses parents et suivait la course à la radio. Aujourd’hui, sa préparation repose sur plusieurs années de travail avec son équipe.

Basile Bourgnon a également évoqué une épreuve inscrite dans son histoire familiale. Pour le navigateur d’Edenred, l’engagement en Ocean Fifty représente autant un objectif sportif qu’un rendez-vous personnel.

Élodie Bonafous a, de son côté, décrit son apprentissage depuis la mise à l’eau de son IMOCA en février 2025. Sa participation à cette nouvelle édition marque une étape dans son parcours de navigatrice en solitaire.

Ces témoignages rappellent que la course commence bien avant le départ. Derrière chaque skipper se trouvent une préparation technique, des choix stratégiques et un travail collectif dont le résultat sera mis à l’épreuve sur l’Atlantique.

La présence des catégories Vintage donne également une place importante au patrimoine maritime. Francis Joyon retrouvera les anciens trimarans Orma en Vintage Multi, tandis que Jean Le Cam, Sidney Gavignet, Tanguy Caradec et Titouan Pillard participeront en Vintage Mono.

Pour Tanguy Caradec, cette première traversée de l’Atlantique sera aussi un hommage à son père, Loïc Caradec, disparu pendant la Route du Rhum 1986. Son engagement relie l’histoire familiale à la mémoire d’une compétition dont les risques et les exigences ont marqué plusieurs générations.

L’inclusion, de la compétition à l’accueil des visiteurs

Parmi les navigateurs engagés, Damien Seguin participera à la course en Vintage Multi sur Arkéa – Handicap International. Skipper en situation de handicap, il apporte une dimension supplémentaire à la diversité sportive de cette édition.

Son engagement s’inscrit dans une compétition où tous les navigateurs devront affronter les contraintes d’une traversée en solitaire. Préparation physique, maîtrise du bateau, gestion de la fatigue et capacité à prendre des décisions en mer constitueront des exigences communes aux participants.

La présence de Damien Seguin donne également une résonance particulière aux mesures d’accessibilité annoncées pour le Village de Saint-Malo.

Les organisateurs prévoient deux zones de stationnement réservées aux personnes à mobilité réduite, place de la Distillerie et place de Rocabey. Les cheminements à l’intérieur du Village doivent faciliter leurs déplacements.

L’accueil des personnes en situation de handicap ne se limite cependant pas aux questions de mobilité. Chaque jour, une heure silencieuse sera proposée de 12 h 30 à 13 h 30 afin de réduire l’environnement sonore. Une zone de répit sera également installée à proximité de la grande scène.

Le 22 octobre, une journée consacrée à l’inclusion sera organisée avec Café Joyeux. Tables rondes et animations permettront de sensibiliser les visiteurs et de donner une visibilité supplémentaire à ces enjeux.

L’ensemble de ces dispositions participe à une réflexion plus large sur l’accessibilité des grands événements populaires. Il ne suffit pas d’ouvrir un espace au public : encore faut-il permettre à des visiteurs aux besoins différents de s’y déplacer, de rencontrer les navigateurs et de participer aux activités.

L’inclusion prend ainsi deux formes complémentaires au sein de cette édition : la participation à la compétition sportive et l’accès du public à la manifestation.

Saint-Malo modernise ses infrastructures pour accueillir le Village

La présentation parisienne a également dévoilé l’une des principales évolutions environnementales de la treizième édition : l’alimentation du Village départ par le réseau électrique public, sans recours prévu aux groupes électrogènes fonctionnant aux énergies fossiles.

Cette transformation concerne une installation de plus de 70 000 m², comprenant près de 10 000 m² de structures temporaires. Pendant treize jours, elle accueillera les 118 bateaux engagés, 150 exposants et les nombreux visiteurs attendus.

Pour répondre aux besoins électriques de cette manifestation, la Ville de Saint-Malo a investi dans la création et le renforcement de trois postes de transformation. La puissance disponible sur la zone doit passer de 2 500 à 4 000 kVA.

Ces investissements constituent un élément important de la transformation annoncée. Ils permettent de répondre aux besoins immédiats du Village tout en renforçant des équipements urbains destinés à rester en place après l’événement.

Gilles Lurton a présenté cette modernisation comme une démonstration des possibilités offertes par un réseau urbain adapté aux besoins contemporains. Stéphane Bourrut Lacouture, responsable RSE d’OC Sport Pen Duick, a relié l’électrification du Village à la stratégie environnementale de l’organisateur.

Cette démarche s’inscrit dans le Pacte Durable, qui prévoit également des actions concernant les mobilités, la consommation d’eau et d’énergie, la réduction des déchets, leur valorisation et l’économie circulaire.

Suzuki Automobile mettra par ailleurs douze véhicules électriques e VITARA à la disposition des équipes d’organisation pendant la durée du Village.

L’électrification constitue une évolution identifiable des installations, mais elle ne résume pas l’ensemble de l’empreinte environnementale de la manifestation. Les déplacements du public, la logistique, les structures temporaires et les ressources consommées pendant l’événement restent des éléments essentiels pour en apprécier les effets.

La question du bilan environnemental prend d’autant plus d’importance que la Route du Rhum relie deux territoires confrontés, chacun à sa manière, aux défis de la transition écologique.

La Guadeloupe, territoire d’arrivée et territoire exposé

À plusieurs milliers de kilomètres de Saint-Malo, la Guadeloupe occupe une place centrale dans l’identité de la Route du Rhum. L’archipel constitue la destination des navigateurs, mais aussi un territoire dont le patrimoine naturel est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique.

Lors de la présentation officielle, Ary Chalus a souligné l’importance de réduire l’empreinte environnementale de la manifestation. Pour le président de la Région Guadeloupe, l’électrification du Village départ prend un sens particulier au regard de la fragilité des territoires insulaires.

Cette position relie les investissements réalisés en Bretagne aux enjeux environnementaux de l’archipel.

Marie-Line Bassette, directrice régionale d’EDF Archipel Guadeloupe, a également mis en avant la capacité de la Route du Rhum à valoriser le territoire et à accompagner sa transition énergétique.

L’événement offre ainsi un cadre de coopération entre des acteurs publics et privés des deux rives de l’Atlantique. Les investissements dans les infrastructures, les engagements environnementaux et la mobilisation des partenaires constituent autant de dimensions de cette coopération.

Mais la transformation annoncée devra être appréciée à partir de résultats mesurables. La suppression des groupes électrogènes fossiles sur le Village représente une mesure concrète ; le bilan global de la manifestation nécessitera de prendre en compte d’autres sources d’émissions et de consommation des ressources.

La préservation des territoires concerne aussi l’héritage laissé après l’événement. À Saint-Malo, les nouveaux équipements électriques pourront continuer à servir la ville. En Guadeloupe, les engagements environnementaux devront être examinés au regard des besoins et des caractéristiques propres à l’archipel.

Cette relation entre les deux territoires donne une portée particulière à la transition présentée lors de la conférence.

Une fête maritime qui s’étend au-delà du Village

À Saint-Malo, la Route du Rhum ne se limitera pas aux pontons et aux installations portuaires.

La treizième édition introduira le premier Off du Rhum, lancé par la Ville de Saint-Malo, Saint-Malo Agglomération et la Région Bretagne, en collaboration avec les organisateurs.

Ce programme doit prolonger les festivités dans les quartiers de Saint-Malo et les communes de l’agglomération, avec des concerts, des rencontres et des animations culturelles.

L’initiative permet d’associer davantage les habitants à la manifestation et de répartir une partie des activités au-delà du Village départ.

Cette ouverture pose également des questions d’organisation. Les déplacements des visiteurs, les transports, l’accès aux différents quartiers et la gestion des flux constituent des éléments importants pour assurer le fonctionnement de l’événement.

Les organisateurs ont annoncé le maintien de plusieurs aménagements utilisés lors de l’édition précédente, ainsi que la création de nouvelles sorties destinées à faciliter les circulations entre le Village et la cité corsaire.

Le passage des bateaux dans les écluses bénéficiera également d’un dispositif renforcé, avec une capacité annoncée de 2 000 spectateurs.

L’extension des festivités à la ville rejoint ainsi les engagements concernant les mobilités et l’accessibilité. Elle modifie l’expérience proposée au public tout en renforçant les enjeux liés à l’organisation d’une manifestation de cette ampleur.

Art Explora fait entrer la création artistique dans l’aventure maritime

La programmation culturelle constituera une autre dimension importante du Village départ.

Art Explora, premier partenaire Arts & Culture de cette édition, y présentera son bateau-musée, accompagné d’une exposition ouverte au public et d’un programme de spectacles, de danse, de concerts et de performances.

La présence de ce musée flottant permettra d’aborder l’univers maritime sous un autre angle, en associant la création artistique à une manifestation consacrée à la navigation et à la compétition.

Le Rhum Park, installé près de l’entrée Louis Martin, proposera notamment une grande roue et la tyrolienne géante baptisée « Charalienne ». La Brasserie du Rhum, animée par la Maison Hector, accueillera une programmation musicale en soirée.

Le pavillon des îles de Guadeloupe invitera les visiteurs à découvrir l’histoire, la culture et le patrimoine du territoire d’arrivée.

Les plus jeunes disposeront également d’outils spécifiques. Un kit pédagogique destiné aux enseignants permettra d’utiliser le parcours de la course pour aborder différentes matières scolaires. Une cartographie spécialement conçue pour les enfants leur permettra de suivre les navigateurs pendant la traversée.

Ces initiatives donnent à la Route du Rhum une dimension éducative et culturelle qui complète son programme sportif.

Elles rejoignent également les dispositifs d’inclusion et l’ouverture des festivités aux quartiers. L’objectif annoncé est de permettre à des publics variés de participer à la manifestation, qu’ils viennent découvrir les bateaux, rencontrer les skippers, assister à un spectacle ou explorer les liens entre l’océan et la création artistique.

Treize jours pour faire vivre la course avant le départ

Le Village départ ouvrira officiellement ses portes le mardi 20 octobre à midi. Pendant treize jours, les visiteurs pourront découvrir les bateaux, rencontrer les navigateurs et participer aux animations.

Le dimanche 25 octobre, à partir de 17 heures, les 118 skippers doivent être présentés sur la grande scène.

Chaque jour, de 17 h 30 à 18 h 30, le Journal de la Route du Rhum permettra de suivre les dernières étapes de la préparation des marins.

Les espaces d’exposition seront ouverts jusqu’à 20 heures, avec une prolongation jusqu’à 22 heures les vendredis et samedis. Les espaces festifs, bars et restaurants pourront accueillir le public jusqu’à une heure du matin.

Selon les chiffres communiqués dans le dossier de présentation, l’édition 2022 avait rassemblé plus de 1,2 million de visiteurs. L’accueil d’un public aussi nombreux explique l’importance des infrastructures, des aménagements de circulation et des dispositifs d’accessibilité annoncés pour 2026.

Pendant près de deux semaines, Saint-Malo devra ainsi concilier les besoins d’une manifestation sportive internationale, la vie quotidienne de ses habitants et les engagements environnementaux présentés par les organisateurs.

La réussite de cette organisation ne se mesurera pas uniquement à la fréquentation du Village. Elle dépendra aussi de l’accessibilité des activités, de la gestion des ressources et de la capacité des infrastructures à répondre aux besoins de la ville au-delà de l’événement.

Entre l’Atlantique et la terre ferme, les engagements d’une nouvelle édition

Le dimanche 1er novembre, les 118 skippers doivent quitter Saint-Malo pour rejoindre Pointe-à-Pitre.

La compétition réunira plusieurs générations de navigateurs, des bateaux aux performances différentes et des histoires individuelles qui donnent à la Route du Rhum sa singularité.

Mais la présentation officielle du 22 septembre a montré que l’avenir de la manifestation se construit également à terre.

L’électrification du Village, la modernisation des infrastructures, l’ouverture des festivités aux quartiers, la présence d’Art Explora et les mesures destinées aux personnes en situation de handicap traduisent une évolution de l’organisation.

Ces initiatives devront maintenant être mises en œuvre, puis appréciées au regard de leurs résultats.

De Saint-Malo à la Guadeloupe, la treizième Route du Rhum met ainsi en relation la passion de la course au large, l’identité maritime des territoires et les responsabilités environnementales d’un grand événement international.

La conférence des Folies Bergère en a dévoilé les ambitions. Les prochaines semaines permettront d’en observer les premières réalisations, avant que les navigateurs ne prennent le large.

 

Aux Folies Bergère, à Paris, la présentation officielle de la treizième Route du Rhum – Destination Guadeloupe a réuni, mardi 22 septembre, les 118 skippers engagés, les organisateurs et les représentants des territoires. À l’approche du départ prévu le 1er novembre, la course dévoile une édition marquée par les innovations nautiques, l’électrification du Village de Saint-Malo, l’ouverture des festivités aux quartiers et une attention particulière portée aux personnes en situation de handicap. Entre les côtes bretonnes et la Guadeloupe, l’événement met également en lumière une question qui dépasse la compétition : comment concilier l’ampleur d’une manifestation maritime internationale avec la transition écologique et la préservation des territoires ?

Une traversée de l’Atlantique qui commence à Paris

Le 22 septembre 2026, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe a choisi les Folies Bergère pour présenter sa treizième édition. À quelques semaines du départ de Saint-Malo, les organisateurs, les partenaires, les représentants des collectivités et les 118 navigateurs engagés se sont retrouvés dans la capitale française pour dévoiler les ambitions sportives et le programme de cette nouvelle traversée en solitaire.

Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe, Gilles Lurton, maire de Saint-Malo et président de Saint-Malo Agglomération, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, Édouard Coudurier, président du Groupe Télégramme, et Hervé Favre, président d’OC Sport Pen Duick, figuraient parmi les personnalités présentes.

La rencontre a permis de préciser les préparatifs de la course, mais aussi de présenter les transformations annoncées pour le Village départ. Du 20 octobre au 1er novembre, Saint-Malo accueillera les bateaux, les exposants et les visiteurs avant le départ de la flotte vers Pointe-à-Pitre.

Cette édition s’inscrit dans une histoire commencée en 1978, lorsque la première Route du Rhum a relié la Bretagne à la Guadeloupe. Près d’un demi-siècle plus tard, la manifestation continue de réunir plusieurs générations de navigateurs, tout en faisant évoluer ses infrastructures et ses engagements environnementaux.

La conférence parisienne a révélé une ambition qui dépasse les résultats sportifs. L’organisation d’une course transatlantique de cette ampleur mobilise deux territoires, des infrastructures urbaines, des acteurs économiques et un public nombreux. Les décisions prises à terre font désormais partie intégrante des enjeux de l’événement.

Six catégories, plusieurs générations et une même exigence océanique

Les 118 skippers engagés se répartissent entre les catégories Ultim, Ocean Fifty, IMOCA, Class40, Vintage Multi et Vintage Mono. Cette diversité réunit des bateaux de dernière génération, des navigateurs expérimentés, de nouveaux concurrents et des voiliers qui ont marqué l’histoire de la course au large.

Dans la catégorie Ultim, les grands trimarans illustrent l’évolution des technologies nautiques et la recherche de vitesse. Armel Le Cléac’h, engagé sur Maxi Banque Populaire XI, retrouvera notamment Tom Laperche sur SVR Lazartigue, Charles Caudrelier sur Maxi Edmond de Rothschild et Guirec Soudée.

La flotte IMOCA rassemble elle aussi plusieurs générations de bateaux. Jérémie Beyou sur Charal, Sam Goodchild sur Macif et Francesca Clapcich sur 11th Hour Racing côtoieront notamment Sébastien Simon sur Groupe Dubreuil, Boris Herrmann sur Malizia 4 et Élodie Bonafous sur Association Petits Princes – Quéguiner.

En Ocean Fifty, Erwan Le Roux et Thibault Vauchel-Camus retrouveront une nouvelle génération représentée notamment par Basile Bourgnon, Pierre Quiroga et Baptiste Hulin. La Class40, particulièrement représentée, réunira entre autres Guillaume Pirouelle, Corentin Douguet, Alexis Loison et Alexis Thomas.

Cette diversité technique s’accompagne de trajectoires humaines très différentes.

Armel Le Cléac’h a rappelé lors de la présentation son attachement ancien à la Route du Rhum. Enfant, il découvrait les bateaux sur les pontons avec ses parents et suivait la course à la radio. Aujourd’hui, sa préparation repose sur plusieurs années de travail avec son équipe.

Basile Bourgnon a également évoqué une épreuve inscrite dans son histoire familiale. Pour le navigateur d’Edenred, l’engagement en Ocean Fifty représente autant un objectif sportif qu’un rendez-vous personnel.

Élodie Bonafous a, de son côté, décrit son apprentissage depuis la mise à l’eau de son IMOCA en février 2025. Sa participation à cette nouvelle édition marque une étape dans son parcours de navigatrice en solitaire.

Ces témoignages rappellent que la course commence bien avant le départ. Derrière chaque skipper se trouvent une préparation technique, des choix stratégiques et un travail collectif dont le résultat sera mis à l’épreuve sur l’Atlantique.

La présence des catégories Vintage donne également une place importante au patrimoine maritime. Francis Joyon retrouvera les anciens trimarans Orma en Vintage Multi, tandis que Jean Le Cam, Sidney Gavignet, Tanguy Caradec et Titouan Pillard participeront en Vintage Mono.

Pour Tanguy Caradec, cette première traversée de l’Atlantique sera aussi un hommage à son père, Loïc Caradec, disparu pendant la Route du Rhum 1986. Son engagement relie l’histoire familiale à la mémoire d’une compétition dont les risques et les exigences ont marqué plusieurs générations.

L’inclusion, de la compétition à l’accueil des visiteurs

Parmi les navigateurs engagés, Damien Seguin participera à la course en Vintage Multi sur Arkéa – Handicap International. Skipper en situation de handicap, il apporte une dimension supplémentaire à la diversité sportive de cette édition.

Son engagement s’inscrit dans une compétition où tous les navigateurs devront affronter les contraintes d’une traversée en solitaire. Préparation physique, maîtrise du bateau, gestion de la fatigue et capacité à prendre des décisions en mer constitueront des exigences communes aux participants.

La présence de Damien Seguin donne également une résonance particulière aux mesures d’accessibilité annoncées pour le Village de Saint-Malo.

Les organisateurs prévoient deux zones de stationnement réservées aux personnes à mobilité réduite, place de la Distillerie et place de Rocabey. Les cheminements à l’intérieur du Village doivent faciliter leurs déplacements.

L’accueil des personnes en situation de handicap ne se limite cependant pas aux questions de mobilité. Chaque jour, une heure silencieuse sera proposée de 12 h 30 à 13 h 30 afin de réduire l’environnement sonore. Une zone de répit sera également installée à proximité de la grande scène.

Le 22 octobre, une journée consacrée à l’inclusion sera organisée avec Café Joyeux. Tables rondes et animations permettront de sensibiliser les visiteurs et de donner une visibilité supplémentaire à ces enjeux.

L’ensemble de ces dispositions participe à une réflexion plus large sur l’accessibilité des grands événements populaires. Il ne suffit pas d’ouvrir un espace au public : encore faut-il permettre à des visiteurs aux besoins différents de s’y déplacer, de rencontrer les navigateurs et de participer aux activités.

L’inclusion prend ainsi deux formes complémentaires au sein de cette édition : la participation à la compétition sportive et l’accès du public à la manifestation.

Saint-Malo modernise ses infrastructures pour accueillir le Village

La présentation parisienne a également dévoilé l’une des principales évolutions environnementales de la treizième édition : l’alimentation du Village départ par le réseau électrique public, sans recours prévu aux groupes électrogènes fonctionnant aux énergies fossiles.

Cette transformation concerne une installation de plus de 70 000 m², comprenant près de 10 000 m² de structures temporaires. Pendant treize jours, elle accueillera les 118 bateaux engagés, 150 exposants et les nombreux visiteurs attendus.

Pour répondre aux besoins électriques de cette manifestation, la Ville de Saint-Malo a investi dans la création et le renforcement de trois postes de transformation. La puissance disponible sur la zone doit passer de 2 500 à 4 000 kVA.

Ces investissements constituent un élément important de la transformation annoncée. Ils permettent de répondre aux besoins immédiats du Village tout en renforçant des équipements urbains destinés à rester en place après l’événement.

Gilles Lurton a présenté cette modernisation comme une démonstration des possibilités offertes par un réseau urbain adapté aux besoins contemporains. Stéphane Bourrut Lacouture, responsable RSE d’OC Sport Pen Duick, a relié l’électrification du Village à la stratégie environnementale de l’organisateur.

Cette démarche s’inscrit dans le Pacte Durable, qui prévoit également des actions concernant les mobilités, la consommation d’eau et d’énergie, la réduction des déchets, leur valorisation et l’économie circulaire.

Suzuki Automobile mettra par ailleurs douze véhicules électriques e VITARA à la disposition des équipes d’organisation pendant la durée du Village.

L’électrification constitue une évolution identifiable des installations, mais elle ne résume pas l’ensemble de l’empreinte environnementale de la manifestation. Les déplacements du public, la logistique, les structures temporaires et les ressources consommées pendant l’événement restent des éléments essentiels pour en apprécier les effets.

La question du bilan environnemental prend d’autant plus d’importance que la Route du Rhum relie deux territoires confrontés, chacun à sa manière, aux défis de la transition écologique.

La Guadeloupe, territoire d’arrivée et territoire exposé

À plusieurs milliers de kilomètres de Saint-Malo, la Guadeloupe occupe une place centrale dans l’identité de la Route du Rhum. L’archipel constitue la destination des navigateurs, mais aussi un territoire dont le patrimoine naturel est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique.

Lors de la présentation officielle, Ary Chalus a souligné l’importance de réduire l’empreinte environnementale de la manifestation. Pour le président de la Région Guadeloupe, l’électrification du Village départ prend un sens particulier au regard de la fragilité des territoires insulaires.

Cette position relie les investissements réalisés en Bretagne aux enjeux environnementaux de l’archipel.

Marie-Line Bassette, directrice régionale d’EDF Archipel Guadeloupe, a également mis en avant la capacité de la Route du Rhum à valoriser le territoire et à accompagner sa transition énergétique.

L’événement offre ainsi un cadre de coopération entre des acteurs publics et privés des deux rives de l’Atlantique. Les investissements dans les infrastructures, les engagements environnementaux et la mobilisation des partenaires constituent autant de dimensions de cette coopération.

Mais la transformation annoncée devra être appréciée à partir de résultats mesurables. La suppression des groupes électrogènes fossiles sur le Village représente une mesure concrète ; le bilan global de la manifestation nécessitera de prendre en compte d’autres sources d’émissions et de consommation des ressources.

La préservation des territoires concerne aussi l’héritage laissé après l’événement. À Saint-Malo, les nouveaux équipements électriques pourront continuer à servir la ville. En Guadeloupe, les engagements environnementaux devront être examinés au regard des besoins et des caractéristiques propres à l’archipel.

Cette relation entre les deux territoires donne une portée particulière à la transition présentée lors de la conférence.

Une fête maritime qui s’étend au-delà du Village

À Saint-Malo, la Route du Rhum ne se limitera pas aux pontons et aux installations portuaires.

La treizième édition introduira le premier Off du Rhum, lancé par la Ville de Saint-Malo, Saint-Malo Agglomération et la Région Bretagne, en collaboration avec les organisateurs.

Ce programme doit prolonger les festivités dans les quartiers de Saint-Malo et les communes de l’agglomération, avec des concerts, des rencontres et des animations culturelles.

L’initiative permet d’associer davantage les habitants à la manifestation et de répartir une partie des activités au-delà du Village départ.

Cette ouverture pose également des questions d’organisation. Les déplacements des visiteurs, les transports, l’accès aux différents quartiers et la gestion des flux constituent des éléments importants pour assurer le fonctionnement de l’événement.

Les organisateurs ont annoncé le maintien de plusieurs aménagements utilisés lors de l’édition précédente, ainsi que la création de nouvelles sorties destinées à faciliter les circulations entre le Village et la cité corsaire.

Le passage des bateaux dans les écluses bénéficiera également d’un dispositif renforcé, avec une capacité annoncée de 2 000 spectateurs.

L’extension des festivités à la ville rejoint ainsi les engagements concernant les mobilités et l’accessibilité. Elle modifie l’expérience proposée au public tout en renforçant les enjeux liés à l’organisation d’une manifestation de cette ampleur.

Art Explora fait entrer la création artistique dans l’aventure maritime

La programmation culturelle constituera une autre dimension importante du Village départ.

Art Explora, premier partenaire Arts & Culture de cette édition, y présentera son bateau-musée, accompagné d’une exposition ouverte au public et d’un programme de spectacles, de danse, de concerts et de performances.

La présence de ce musée flottant permettra d’aborder l’univers maritime sous un autre angle, en associant la création artistique à une manifestation consacrée à la navigation et à la compétition.

Le Rhum Park, installé près de l’entrée Louis Martin, proposera notamment une grande roue et la tyrolienne géante baptisée « Charalienne ». La Brasserie du Rhum, animée par la Maison Hector, accueillera une programmation musicale en soirée.

Le pavillon des îles de Guadeloupe invitera les visiteurs à découvrir l’histoire, la culture et le patrimoine du territoire d’arrivée.

Les plus jeunes disposeront également d’outils spécifiques. Un kit pédagogique destiné aux enseignants permettra d’utiliser le parcours de la course pour aborder différentes matières scolaires. Une cartographie spécialement conçue pour les enfants leur permettra de suivre les navigateurs pendant la traversée.

Ces initiatives donnent à la Route du Rhum une dimension éducative et culturelle qui complète son programme sportif.

Elles rejoignent également les dispositifs d’inclusion et l’ouverture des festivités aux quartiers. L’objectif annoncé est de permettre à des publics variés de participer à la manifestation, qu’ils viennent découvrir les bateaux, rencontrer les skippers, assister à un spectacle ou explorer les liens entre l’océan et la création artistique.

Treize jours pour faire vivre la course avant le départ

Le Village départ ouvrira officiellement ses portes le mardi 20 octobre à midi. Pendant treize jours, les visiteurs pourront découvrir les bateaux, rencontrer les navigateurs et participer aux animations.

Le dimanche 25 octobre, à partir de 17 heures, les 118 skippers doivent être présentés sur la grande scène.

Chaque jour, de 17 h 30 à 18 h 30, le Journal de la Route du Rhum permettra de suivre les dernières étapes de la préparation des marins.

Les espaces d’exposition seront ouverts jusqu’à 20 heures, avec une prolongation jusqu’à 22 heures les vendredis et samedis. Les espaces festifs, bars et restaurants pourront accueillir le public jusqu’à une heure du matin.

Selon les chiffres communiqués dans le dossier de présentation, l’édition 2022 avait rassemblé plus de 1,2 million de visiteurs. L’accueil d’un public aussi nombreux explique l’importance des infrastructures, des aménagements de circulation et des dispositifs d’accessibilité annoncés pour 2026.

Pendant près de deux semaines, Saint-Malo devra ainsi concilier les besoins d’une manifestation sportive internationale, la vie quotidienne de ses habitants et les engagements environnementaux présentés par les organisateurs.

La réussite de cette organisation ne se mesurera pas uniquement à la fréquentation du Village. Elle dépendra aussi de l’accessibilité des activités, de la gestion des ressources et de la capacité des infrastructures à répondre aux besoins de la ville au-delà de l’événement.

Entre l’Atlantique et la terre ferme, les engagements d’une nouvelle édition

Le dimanche 1er novembre, les 118 skippers doivent quitter Saint-Malo pour rejoindre Pointe-à-Pitre.

La compétition réunira plusieurs générations de navigateurs, des bateaux aux performances différentes et des histoires individuelles qui donnent à la Route du Rhum sa singularité.

Mais la présentation officielle du 22 septembre a montré que l’avenir de la manifestation se construit également à terre.

L’électrification du Village, la modernisation des infrastructures, l’ouverture des festivités aux quartiers, la présence d’Art Explora et les mesures destinées aux personnes en situation de handicap traduisent une évolution de l’organisation.

Ces initiatives devront maintenant être mises en œuvre, puis appréciées au regard de leurs résultats.

De Saint-Malo à la Guadeloupe, la treizième Route du Rhum met ainsi en relation la passion de la course au large, l’identité maritime des territoires et les responsabilités environnementales d’un grand événement international.

La conférence des Folies Bergère en a dévoilé les ambitions. Les prochaines semaines permettront d’en observer les premières réalisations, avant que les navigateurs ne prennent le large.

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Gabriel Mihai est journaliste et rédacteur en chef pour IMPACT EUROPEAN. Il couvre l’actualité européenne et internationale, les analyses politiques et les tribunes d’experts. Passionné par la géopolitique et le journalisme d’investigation, il coordonne les publications et veille à l’exactitude des informations publiées sur le site.

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